Le cheptel bovin breton est majoritairement laitier, c’est d’ailleurs la première région française pour la production laitière avec 21% du cheptel national de vaches laitières en 2023. En effet : 88% des vaches présentes en Bretagne sont de race laitière (dont 81% sont de race Prim’Holstein). Les 4 départements de la Bretagne font partie des 6 premiers départements français en livraison de lait (Ille-et-Vilaine n°2, Côtes-d’Armor n°3, Finistère n°5 et Morbihan n°6).

La Bretagne étant une région laitière, c’est également la première région pour le nombre de veaux de boucherie (19,6% de l’effectif national en 2023), veaux provenant en majorité des élevages laitiers.
L’élevage laitier, prédominant en Bretagne
• 692 000 vaches laitières, soit 20% du cheptel national au 1er janvier 2024
• 7 800 exploitations à dominante laitière
• 83 vaches en moyenne/troupeau
Sur le territoire breton, l’élevage laitier est plus ancré dans les régions Est et Ouest de la région comme le montre la Figure 2.

Malgré un prix du lait payé aux producteurs bretons qui s’accroit de 4,9% en 2023 et atteint un record de 468 euros pour les 1 000 litres, la décapitalisation se poursuit et touche particulièrement la région (Figure 3). L’évolution du prix est d’ailleurs dû à la baisse de livraison du lait.

L’alimentation type du troupeau laitier breton
Les élevages laitiers bretons sont caractérisés par l’utilisation d’une race productive telle que la Prim’Holstein alimentée en saison hivernale principalement avec du maïs et pâturant le reste de l’année. Ce système est rendu possible grâce aux conditions pédoclimatiques régionales et aux productions présentes sur le territoire. Par ailleurs, c’est un modèle qui permet de maîtriser le coût alimentaire. Ainsi les élevages bretons consomment moins de concentrés que les élevages des régions voisines.
Aujourd’hui, d’autres systèmes se développent, tels que des systèmes très autonomes valorisant au maximum les fourrages et l’herbe, comme les systèmes bio et les systèmes très herbagers. Ils représentent un réel enjeu environnemental notamment en ce qui concerne la problématique de la pollution des nitrates en Bretagne et sont ainsi encouragés à se développer.
Des élevages cherchent également à optimiser leurs coûts et à diluer leurs charges de structure par des volumes. Ces élevages se tournent vers des systèmes robotisés avec des régimes de fourrages conservés (ensilage d’herbe et maïs).
Les élevages laitiers en agriculture biologique ont triplés entre 2010 et 2020, on en comptait 875 en 2020, ce qui reste quand même peu par rapport aux 9 898 exploitations laitières en Bretagne en 2020 (quasiment 9%).
Réflexion sur la valorisation des mâles laitiers
Dans une exploitation laitière, un veau sur deux est un mâle. N’ayant pas la même utilité que les femelles, ceux-ci ont peu de débouchés possibles. Ils peuvent être destinés à la production de la viande de veau. On parle alors de veaux de boucherie (la filière veau de boucherie est expliquée plus en détails dans l’onglet spécifique). Ils sont alors abattus jeunes, aux alentours de 4 et 6 mois. Ils peuvent également exportés dans des pays européens où ils seront également élevés et abattus jeunes.
La filière Ejendu, qui signifie « le bœuf noir » en breton, est une initiative régionale visant à valoriser les veaux laitiers mâles en Bretagne. Elle repose sur un croisement entre des vaches laitières Prim’Holstein et des taureaux de races bouchères, principalement Limousin ou Angus, pour produire des animaux destinés à la consommation locale. Les animaux sont abattus à l’âge de 16/18 mois avec un poids de carcasse aux alentours de 300 kg. Ces animaux sont ensuite abattus et consommés en Bretagne, principalement en restauration collective ou commerciale.
Pour en savoir plus sur la filière Ejendu …
L’élevage allaitant également présent dans l’Ouest de la France
• 109 000 vaches allaitantes, soit 2,7% des effectifs nationaux
• 4 851 détenteurs de vaches allaitantes en 2023
• en moyenne 19 vaches/troupeau (en augmentation)
• 422 exploitations avec des vaches allaitantes bio
L’élevage allaitant se concentre à l’ouest de la Bretagne, dans des zones non valorisables par d’autres productions agricoles, avec une présence d’herbe importante (Figure 4).

En élevage allaitant, trois types d’ateliers sont présents :
- les naisseurs qui font naître des broutards
- les naisseurs-engraisseurs qui engraissent tous les animaux nés dans l’atelier
- les engraisseurs spécialisés qui engraissent les broutards provenant d’élevages naisseurs
La majorité du troupeau allaitant est détenu par des exploitations à dominante viande, qui sont naisseurs spécialisés ou naisseurs engraisseurs.
L’élevage allaitant breton composé de races pures
Historiquement, les races mixtes bretonnes et les croisés étaient les races dominantes dans les élevages allaitants. Aujourd’hui, une diversité de races pures compose les élevages allaitants. Les races Limousine, Charolaise et Blonde d’Aquitaine sont les races les plus présentes en Bretagne (Figure 5).

Des systèmes pâturants permettant de minimiser les coûts
Les systèmes allaitants en France et plus particulièrement en Bretagne reposent sur des systèmes herbagers, très extensifs avec une part de maïs très modeste dans la ration.
Hormis l’hiver où les vaches consomment une ration composée en moyenne de ⅔ d’ensilage d’herbe et d’⅓ de maïs, elles passent le reste de l’année au pâturage, ce qui donne des coûts de production plutôt bien maitrisés.
La Bretagne a des atouts pédoclimatiques pour l’élevage herbivore, ce qui fait qu’elle a des coûts de production plutôt bien situés. A. HAYE – Chambre d’agriculture de Bretagne
L’élevage allaitant valorisé en Bretagne par des démarches qualitatives
La Bretagne a su se démarquer avec une valorisation de ses produits via des démarches qualitatives comme les labels, la vente en directe et les marchés de proximité.
Le Label Rouge garantit une qualité supérieure d’un produit (Figure 6). C’est le premier marché qualitatif pour la viande bovine, et la Bretagne est la première région productrice en viande bovine labelisée. Environ 6 600 bovins ont été produits sous label en 2018. Les principaux labels sont le label limousin, le label blonde d’aquitaine et le label charolais. Il existe également un label rouge Veau Bretanin, qui concerne également la production de veaux fermiers élevés au lait entier.

Dans le cadre des plans de filière, la filière bovine française souhaite opérer une montée en gamme de ses produits et s’est fixé comme objectif que le Label Rouge représente au moins 40% de l’offre piécée en 2023 (représentait 5,5% de la production française en 2021).
Les jeunes bovins, majoritairement exportés
Un jeune bovin est un mâle non castré, ayant moins de 24 mois.
Les éleveurs de jeunes bovins peuvent être de profils différents :
- les naisseurs-engraisseurs : font naître et élèvent les veaux jusqu’à 24 mois,
- les engraisseurs : achètent des veaux de 8 mois qui sont engraissés durant un an,
- les éleveurs laitiers qui élèvent les veaux issus du troupeau laitier jusqu’à atteindre 24 mois (système de moins en moins présent)
Les jeunes bovins laitiers étant peu consommés en France, ils sont dans la plupart des cas exportés en vif. L’Espagne a développé un système d’intégration de ce type de production, ce qui en fait un concurrent non négligeable pour les pays européens.
Néanmoins, la recherche de produits de proximité, de prix accessible et de portions de petites tailles sont deux aspects positifs pour la filière française, qui répond à ces attentes, de la Restauration Hors Domicile notamment.
Sources : Chambre d’agriculture de Bretagne, Agreste, IDELE