En dehors des acteurs directement liés aux filières bretonnes, de nombreuses autres structures ou entreprises façonnent le paysage agricole breton. Notamment, les usines de fabrications d’aliment, les circuits de valorisation des coproduits des abattoirs, les établissements de formation et les instituts de recherche. Tous ces acteurs (et bien d’autres) font partie intégrante du monde agricole breton, et leur densité au sein de la région fait la force de la Bretagne.
Les usines de fabrications d’aliment ancrées dans le territoire
Les 62 usines de fabrication d’aliments pour le bétail sont présentes sur l’ensemble du territoire breton (Figure 1).

Les entreprises d’alimentation animale produisent des aliments pour animaux familiers (pet food) et des aliments pour animaux de ferme (feed). Cette dernière est l’activité majoritaire en Bretagne et représente 7 millions de tonnes en 2023, soit 37% de la production nationale. Ces aliments sont principalement destinés aux porcs (43 %), volailles (36 %), bovins (18 %) (Figure 2) et sont consommés majoritairement dans la région.

La fabrication d’aliment bretonne (ensemble des entreprises fabriquant des aliments) tend à diminuer, avec une diminution de 4,1% sur un an en 2023. En effet, les éleveurs en production porcine et avicole affirment leur souhait d’autonomie alimentaire pour leurs élevages et la Fabrication d’Aliment à la Ferme se développe.
Un secteur qui s’adapte aux problématiques de société
Les différentes usines sont conscientes des attentes sociétales. C’est pourquoi elles garantissent la sécurité sanitaire et la traçabilité des produits tout en répondant à la segmentation des produits alimentaires (alimentation 100% végétale, filière sans OGM, Bio, …).
L’alimentation animale s’inscrit également dans une démarche de lutte contre le gaspillage alimentaire grâce à l’utilisation de coproduits de transformation dans la fabrication d’aliment d’animaux de ferme, et notamment d’aliment herbivore. Parmi ces coproduits on retrouve des sons de céréales, des drèches de maïs, des produits écartés de l’alimentation humaine pour diverses raisons (calibre, cuisson).
Les usines de valorisation des coproduits de la viande
Ces usines travaillent le 5ème quartier de la carcasse d’un bovin, qui correspond à l’ensemble des parties qui ne sont pas désignées sous le terme « viande ». Il représente plus de la moitié du poids vif d’un bovin avant l’abattage. Il regroupe :
- les sous produits animaux, non destinés à l’alimentation humaine :
- les coproduits alimentaires (sang, os et graisses animales)
- les peaux (cuirs)
- les matières propres à la consommation humaine :
- les abats et produits tripiers
De façon complètement séparées et dédiées, d’autres unités de production traitent les animaux trouvés morts en élevage (équarrissage) et les matériels à risques spécifiés (MRS) issus des abattoirs. Ces matières ne sont destinées qu’à des valorisations énergétiques, voire agronomiques, en respectant des règles très strictes d’hygiénisation.
Répartis sur tout le territoire français avec une densité plus élevée dans les régions d’élevage, les opérateurs collectent et transforment les sous-produits animaux issus de la filière viande qui seront valorisés via une diversité de débouchés (pet food, pharmacologie…) (Figure 3).

La valorisation des coproduits nécessitant de nombreux investissements en amont (technologie et infrastructures nécessaires), et la réalisation de traitement de volumes importants afin d’atteindre une rentabilité suffisante. Les outils bretons de taille conséquente permettent de répondre à cette attente.
La formation, une étape clé pour l’avenir de la filière
• 15 518 élèves en Bretagne, dont 51% de garçons et 49% de filles
• 57 établissements d’enseignement agricole en formation initiale scolaire (9 publics et 47 privés)
• 13 Centres de Formation des Apprentis (CFA)
• 1 établissement d’enseignement supérieur Agrocampus Ouest
• 29 Centres de Formation Professionnelle Continue Agricole

La filière élevage et viande rassemble un large panel de métiers. En Bretagne, de nombreux établissements forment les professionnels de demain à ces savoir-faire et ces métiers de passion, que ce soit en formation initiale ou continue (Figure 4). Les formations proposées dans l’enseignement agricole en productions animales sont nombreuses. Elles débutent dès la classe de 4ème et s’étalent jusqu’au diplôme d’ingénieur.
La formation par apprentissage comptait 3 420 apprentis en 2024, formation très prisée car elle permet aux étudiants de faire l’expérience de l’entreprise en même temps que leurs études.
Le niveau de formation des jeunes installés est de plus en plus élevé : 41% de ceux qui s’installent en exploitation agricole ont un BTSA ou un niveau supérieur (comparé à 34% en 2013).
A l’initiative d’INTERBEV Bretagne et de l’IREO, une formation professionnelle spécialisé éleveur bovin verra le jour à la rentrée 2019, en phase avec les enjeux et défis actuels de la filière. L’objectif sera d’acquérir une compétence complémentaire dans le domaine de l’élevage bovin et de l’expérience professionnelle (VAE), via un contrat de travail sur 12 mois en alternance, une pédagogie active avec l’apport de contenus techniques scientifiques et filière par des intervenants, et la maîtrise des situations en entreprise permettant la construction de compétences professionnelles.
La recherche et l’innovation pour forger l’avenir
La Bretagne bénéficie d’un réseau important d’écoles, d’unités de recherche fondamentale ou appliquée et de centres de transfert de technologies (Figure 5). Elle compte 4 stations de recherche appliquée en élevage et en productions végétales et 4 stations expérimentales légumières ou cultures spécialisées. La nouvelle station expérimentale CIRVEAU (anciennement la station IDELE du Rheu) a été transférée à côté de la station expérimentale du CIRBEEF. Le CIRVEAU a pour but de réaliser des essais zootechniques sur la production de veaux de boucherie.

Ces structures peuvent être visitées, il suffit de prendre contact avec la structure en question.
Sources : Chambre d’agriculture de Bretagne, DRAAF